عن ابن مسعود رضي الله عنه قال: دخلتُ على النبيِّ صلى الله عليه وسلم وهو يُوعَكُ، فَمَسَسْتُهُ، فقلتُ: إنّكَ لَتُوعَكُ وَعَكًا شَدِيدًا، فقالَ: «أجَلْ، إنِّي أُوعَكُ كما يُوعَكُ رَجُلانِ منكُم».
‘Abdullah ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée) relate : « Je suis entré voir le Prophète (sur lui la paix et le salut) alors qu’il souffrait de douleurs fiévreuses. Je l'ai alors touché et j'ai dit : " Tu as une très forte fièvre ! - Il dit alors : En effet, je souffre comme souffrent deux hommes d’entre vous. " »
Rapporté par Al-Bukhârî et MuslimDegréAuthentique
Explication
Ibn Mas’ûd (qu’Allah l’agrée) dit qu’il entra chez le Prophète (sur lui la paix et le salut) alors que celui-ci souffrait de douleurs intenses. Il tendit la main et dit : « Tu as une très forte fièvre ! » Le Prophète (sur lui la paix et le salut) l’informa alors du fait que, lorsqu’il était malade, sa douleur était décuplée et qu'elle devenait équivalente à celle de deux hommes. Ceci, afin de lui permettre d’atteindre les plus hauts degrés de patience (sur lui la paix et le salut).
Référence
بهجة الناظرين شرح رياض الصالحين، تأليف سليم الهلالي، دار ابن الجوزي.
تطريز رياض الصالحين، تأليف فيصل آل مبارك، تحقيق د. عبدالعزيز آل حمد، دار العاصمة، الرياض، الطبعة الأولى، 1423هـ.
رياض الصالحين من كلام سيد المرسلين، للإمام أبي زكريا النووي، تحقيق د. ماهر الفحل، دار ابن كثير، دمشق، الطبعة الأولى، 1428هـ.
شرح رياض الصالحين، للشيخ محمد بن صالح العثيمين، مدار الوطن - الرياض، 1426هـ.
صحيح البخاري، للإمام أبي عبدالله محمد بن إسماعيل البخاري، عناية محمد زهير الناصر، دار طوق النجاة، الطبعة الأولى، 1422هـ.
صحيح مسلم، للإمام مسلم بن الحجاج، حققه ورقمه محمد فؤاد عبدالباقي، دار عالم الكتب - الرياض، الطبعة الأولى، 1417هـ.
كنوز رياض الصالحين، فريق علمي برئاسة أ.د. حمد العمار، دار كنوز إشبيليا -الرياض، الطبعة الأولى، 1430هـ.
نزهة المتقين شرح رياض الصالحين، تأليف د. مصطفى الخِن وغيره، مؤسسة الرسالة - بيروت، الطبعة الرابعة عشر، 1407هـ.
عن جابر بن عبد الله رضي الله عنهما : «أنه كان يسير على جمل فأعيا، فأراد أن يُسَيِّبَهُ. فلحقني النبي صلى الله عليه وسلم فدعا لي، وضربه، فسار سيرا لم يَسِرْ مثله. ثم قال: بِعْنِيهِ بأُوقية. قلتُ: لا. ثم قال: بِعْنِيه. فَبِعْتُهُ بأوقية، واستثنيت حُمْلَانَهُ إلى أهلي. فلما بلغت: أتيته بالجمل. فنقدني ثمنه. ثم رجعت. فأرسل في إثري. فقال: أتَرَانِي مَاكستُكَ لآخذ جملك؟ خذ جملك ودراهمك، فهو لك».
Jâbir ibn ‘Abdillah (qu’Allah l'agrée, lui et son père) relate qu’il allait à dos de chameau lorsque sa bête s’épuisa, il pensa alors à la laisser libre. Il a dit : « Le Prophète (sur lui la paix et le salut) me rejoignit, il pria pour moi et frappa ma monture, qui se mit à avancer comme jamais. Ensuite, il m’a dit : " Vends-la moi pour une once d’or ! - Non ! répondis-je. - Il m’a de nouveau dit : Vends-la moi ! " Alors, je la lui vendis pour une once, à condition de l’utiliser jusqu’à rejoindre ma famille. Une fois arrivé, je lui donnai ma monture, dont il me paya le prix aussitôt et en une seule fois. Pendant que je m’en retournai, il envoya quelqu’un me chercher et me dit : " Me vois-tu vraiment comme ayant marchandé avec toi en vue de te prendre ton chameau ?! Prends ton chameau et ton or, ils sont à toi ! " »
Rapporté par Al-Bukhârî et MuslimDegréAuthentique
Explication
Jâbir ibn ‘Abdillah (qu’Allah l'agrée, lui et son père) était avec le Prophète (sur lui la paix et le salut) lors de l’une de ses expéditions. Il montait un chameau devenu trop maigre et trop fatigué pour continuer à avancer avec l’armée. Il voulut donc le libérer et le laisser aller à sa guise car il ne lui était plus d’aucune utilité. Dans sa bienveillance envers ses Compagnons, mais aussi pour sa communauté, le Prophète (sur lui la paix et le salut) restait toujours à l’arrière de l’armée, pour ménager le faible et celui qui devait s’arrêter. Il rejoignit donc Jâbir, qui était sur son pauvre chameau, pria en sa faveur et frappa le chameau. Cette noble frappe pleine de miséricorde procura de la force et de l'aide à ce chameau incapable, qui se mit alors à avancer comme il ne l’avait jamais fait auparavant. A cet instant, le Prophète (sur lui la paix et le salut), avec la noblesse et la douceur qui le caractérisaient, voulut réconforter Jâbir et discuter avec lui, car cela aide à supporter le voyage. Il lui a dit : « Vends-le moi pour une once d’or ! ». Mais, Jâbir (qu’Allah l'agrée) aspira à la grâce d’Allah et savait que le fait de refuser la proposition du Prophète (sur lui la paix et le salut) n’entachait en rien sa religion, puisqu’il ne s’agissait pas d’un commandement. Le Prophète (sur lui la paix et le salut) réitéra malgré tout sa demande et Jâbir lui vendit donc son chameau pour une once d’or, en posant une condition : il voulait continuer de l’utiliser jusqu’à son retour à Médine. Le Prophète (sur lui la paix et le salut) accepta cette condition et une fois arrivés, Jâbir donna le chameau au Prophète (sur lui la paix et le salut) qui lui en donna le prix. Alors que Jâbir (qu’Allah l'agrée) repartait, le Prophète (sur lui la paix et le salut) envoya quelqu’un pour le chercher. Il revint donc au Prophète (sur lui la paix et le salut), qui lui demanda : « Me vois-tu vraiment comme ayant marchandé avec toi en vue de te prendre ton chameau ?! Prends ton chameau et ton or, ils sont à toi ! » Ceci n’est pas étonnant de sa part, lui qui était si noble et si doux, lui qui, tant de fois, a fait preuve d’actes éminents .
Référence
- صحيح البخاري –الجامع الصحيح-؛ للإمام أبي عبد الله محمد بن إسماعيل البخاري، عناية محمد زهير الناصر، دار طوق النجاة، الطبعة الأولى، 1422هـ.
- صحيح مسلم؛ للإمام مسلم بن الحجاج، حققه ورقمه محمد فؤاد عبد الباقي، دار عالم الكتب-الرياض، الطبعة الأولى، 1417هـ.
- الإلمام بشرح عمدة الأحكام للشيخ إسماعيل الأنصاري-مطبعة السعادة-الطبعة الثانية 1392ه.
- تيسير العلام شرح عمدة الأحكام-عبد الله البسام-تحقيق محمد صبحي حسن حلاق- مكتبة الصحابة- الشارقة- الطبعة العاشرة- 1426ه.
عن أنس قال: قال أبو طَلحَة لأم سليم: قد سمعت صوت رسول الله صلى الله عليه وسلم ضعيفًا أعرف فيه الجُوع، فهل عندك من شيء؟ فقالت: نعم، فَأَخْرَجَت أَقْرَاصًا من شَعير، ثم أَخَذْتْ خِمَارًا لها، فَلفَّت الخُبْزَ بِبَعْضِه، ثم دسَّتْهُ تحت ثوبي ورَدَّتني ببعضِه، ثم أرسَلَتني إلى رسول الله صلى الله عليه وسلم فَذَهَبَتُ به، فوجدت رسول الله صلى الله عليه وسلم جالسًا في المسجد، ومعه الناس، فَقُمتُ عليهم، فقال لي رسول الله صلى الله عليه وسلم : «أرسلك أبو طلحة؟» فقلت: نعم، فقال: « أَلِطَعَام؟» فقلت: نعم، فقال رسول الله صلى الله عليه وسلم : «قوموا» فانْطَلَقُوا وانطَلَقتُ بين أيديهم حتى جئت أبا طَلَحة فَأَخْبَرتُهُ، فقال أبو طلحة: يا أم سليم، قد جاء رسول الله صلى الله عليه وسلم بالناس وليس عندنا ما نُطعِمُهُم؟ فقالت: الله ورسوله أعلم. فانطلق أبو طلحة حتى لقي رسول الله صلى الله عليه وسلم فأقبل رسول الله صلى الله عليه وسلم معه حتى دخلا، فقال رسول الله صلى الله عليه وسلم : « هَلُمِّي ما عندك يا أم سليم» فأتت بذلك الخبز، فأمر به رسول الله صلى الله عليه وسلم فَفُتَّ، وَعَصَرَتْ عليه أم سليم عُكَّةً فَآدَمَتْهُ ، ثم قال فيه رسول الله صلى الله عليه وسلم ما شاء الله أن يقول، ثم قال: «ائْذن لعشرة» فَأَذِنَ لَهُم فأكلوا حتى شَبِعُوا ثم خرجوا، ثم قال: «ائْذَن لعشرة» فأذن لهم حتى أكل القُوم كلُّهم وشَبِعُوا والقوم سبعون رجلا أو ثمانون. متفق عليه. وفي رواية: فما زال يَدخُل عشرة، ويخرج عشرة حتى لم يبق منهم أحد إلا دخل، فأكل حتى شَبِع، ثم هَيَّأهَا فإذا هي مِثْلُهَا حين أكلوا منها. وفي رواية: فأكلوا عشرة عشرة، حتى فعل ذلك بثمانين رجلا، ثم أكل النبي صلى الله عليه وسلم بعد ذلك وأهل البيت، وتركوا سُؤْرَا. وفي رواية: ثم أفْضَلُوا ما بَلَغُوا جِيرانهم. وفي رواية عن أنس، قال: جئت رسول الله صلى الله عليه وسلم يوما، فوجدته جالسا مع أصحابه، وقد عَصَبَ بَطنه، بِعُصَابة، فقلت لبعض أصحابه: لِم عَصَبَ رسول الله صلى الله عليه وسلم بطنه؟ فقالوا: من الجُوع، فذهبت إلى أبي طلحة، وهو زوج أم سليم بنت مِلْحَان، فقلت: يا أبَتَاه، قد رأيت رسول الله صلى الله عليه وسلم عَصَبَ بطنه بِعِصَابَة، فسألت بعض أصحابه، فقالوا: من الجُوع. فدخل أبو طلَحَة على أمي، فقال: هل من شيء؟ قالت: نعم، عندي كِسَرٌ من خُبزٍ وتمرات، فإن جاءنا رسول الله صلى الله عليه وسلم وحده أشْبَعنَاه، وإن جاء آخر معه قَلَّ عنهم... وذكر تمام الحديث.
Anas (qu'Allah l'agrée) relate : « Abû Ṭalḥah dit à Umm Sulaym : " J'ai entendu la voix affaiblie du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) et j'en ai déduit qu'il était affamé, as-tu donc quelque provision ? - Oui ! " dit-elle. Elle sortit quelques morceaux de pains d'orge, prit l'un de ses foulards et utilisa un morceau pour y emballer le pain, elle le mit sous mon vêtement et me recouvrit avec le reste afin de m'envoyer vers le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut). Je l'emportai donc et trouvai le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) assis dans la mosquée, au milieu des gens. Je me dressai devant eux et le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) me dit : " Est-ce Abû Ṭalḥah qui t'a envoyé ? - Oui, dis-je. - Il dit : Pour de la nourriture ? - Oui ! " dis-je. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dit alors : " Levez-vous ! " Ils partirent et je les devançai, jusqu'à me rendre auprès d'Abû Ṭalḥah pour l'en informer. Ce dernier dit : " Ô, Umm Sulaym ! Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) arrive avec des gens, alors que nous n'avons rien à leur servir ! - Elle dit : Allah et Son Messager savent mieux ! " Abû Ṭalḥah s'en alla à la rencontre du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut), qui vint avec lui, jusqu'à ce qu'ils entrèrent tous les deux. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dit alors : " Amène ce que tu as, ô, Umm Sulaym ! " Elle amena donc ce pain. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) ordonna qu'on en fasse des petits morceaux et Umm Sulaym pressa par-dessus un récipient de beurre clarifié pour l'assaisonner. Puis, le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) prononça les paroles qu'Allah voulut qu'il prononça, et dit : " Fais entrer dix personnes ! " Il les fit entrer, ils mangèrent jusqu'à se rassasier et sortirent. Il dit alors : " Fais entrer dix personnes ! " Il les fit entrer, jusqu'à ce que tous les gens présents aient mangé et se soient rassasiés, alors qu'ils étaient soixante-dix ou quatre-vingt hommes. " » Rapporté par Al-Bukhârî et Muslim. Dans une autre version : « Ainsi, les gens entraient et sortaient par dix, jusqu'à ce que chacun d'entre eux soit entré et ait mangé à sa faim. Ensuite, il le remit en état et c'est alors que le plat était tel qu'il était avant qu'ils n'en mangent. » Dans une autre version : « Ils mangèrent par groupes de dix, jusqu'à ce que quatre-vingt personnes mangèrent. Ensuite, le Prophète (sur lui la paix et le salut) et les occupants de la maison mangèrent et laissèrent quelques restes. » Dans une autre version : « Ils laissèrent de quoi donner aux voisins. » Dans une version, Anas dit : « Un jour, j'allai à la rencontre du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut), que je trouvai au milieu de ses Compagnons et qui avait attaché un bandage sur son ventre. Je dis à l'un de ses Compagnons : " Pourquoi le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a attaché un bandage à son ventre ? - Il dit : A cause de la faim ! " J'allai donc chez Abû Ṭalḥah, qui était l'époux de Um Sulaym bint Milḥân, et dis : " Ô, père ! J'ai vu le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut), un bandage attaché autour du ventre. Quand j'en ai demandé la raison à certains de ses Compagnons, ils me dirent que c'était à cause de la faim ! " Abû Ṭalḥah entra alors chez ma mère et dit : " Y'a-t-il quelques provisions ? - Oui, dit-elle, j'ai un pain et quelques dattes ! Si le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) vient seul, nous le rassasierons, mais si quelqu'un vient avec lui, ce ne sera pas assez..." », puis il évoqua le reste du récit de la tradition prophétique.
Rapporté par Al-Bukhârî et MuslimDegréAuthentique
Explication
Alors que le Prophète (sur lui la paix et le salut) était affamé, Abû Ṭalḥah (qu’Allah l’agrée) reconnut cela à la faiblesse de sa voix, il en informa son épouse, Umm Sulaym (qu’Allah l’agrée), et lui demanda : « As-tu quelques provisions ? – Oui ! » répondit-elle. C'est-à-dire : nous avons de quoi remédier à la faim du Prophète (sur lui la paix et le salut). Elle sortit quelques morceaux de pains d'orge et prit l'un de ses foulards pour emballer le pain avec une partie de celui-ci, avant de le mettre sous le vêtement de Anas (qu’Allah l’agrée). Puis, elle prit le reste du foulard et le mit sur Anas en guise de cape, afin de le couvrir. Lorsque Anas s'en alla vers le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut), il le trouva au milieu de ses Compagnons. Il se dressa donc devant eux et le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) lui dit : « Abû Ṭalḥah t'a envoyé ? – Oui ! répondit-il. – « Pour de la nourriture ? », c’est à dire : afin de nous inviter à manger ? « Oui ! », répondit Anas (qu’Allah l’agrée). Il ne put donner la nourriture au Prophète (sur lui la paix et le salut), car ses Compagnons étaient trop nombreux et parce qu'il savait que le Prophète (sur lui la paix et le salut) avait l'habitude de préférer les autres à sa propre personne. Il se contenta donc de dire : « Oui ! » Il l'invita donc pour qu'il vienne seul chez Abû Ṭalḥah, de sorte à ce qu'il mange et que l'objectif soit rempli. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dit alors à ses Compagnons : « Levez-vous ! » Ils partirent et Anas dit : « Je les devançai (dans une version : « J'étais triste à cause du grand nombre de ceux qui l'accompagnaient »), jusqu'à me rendre auprès d'Abû Ṭalḥah pour l'en informer - Ce dernier dit : Ô, Umm Sulaym ! Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) arrive avec des gens, alors que nous n'avons rien à leur servir ! - Elle dit : Allah et Son Messager savent mieux ! » Umm Sulaym a donc renvoyé la question à Allah et Son Messager (sur lui la paix et le salut), comme si elle savait que le Prophète (sur lui la paix et le salut) agissait volontairement, afin qu'un miracle lui soit accordé à travers la profusion de nourriture. Ceci relève de sa perspicacité et de son intelligence. « Abû Ṭalḥah s'en alla à la rencontre du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut), qui vint avec lui, jusqu'à ce qu'ils entrèrent tous les deux. » Dans une version : « Abû Ṭalḥah se tourna vers lui et dit : " Ô, Messager d'Allah ! Nous n'avions rien qu'un pain que Umm Sulaym a fait ! " » Dans une version : « Abû Ṭalḥah dit : " Ce n'est qu'un pain ! - Il dit : Allah va le bénir. " » Dans une version : « Abû Ṭalḥah dit : " Ô, Messager d'Allah ! J'ai envoyé Anas pour t'inviter seul et nous n'avons pas de quoi nourrir tous ces gens que je vois. - Il dit : Entre donc, Allah va bénir ce que tu as ! " Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dit ensuite : " Amène ce que tu as, ô, Umm Sulaym ! " Elle amena donc ce pain. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) ordonna qu'on en fasse des petits morceaux et Umm Sulaym pressa par-dessus un récipient de beurre clarifié pour l'assaisonner. Sur ce, le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) prononça les paroles qu'Allah voulut qu'il prononce." », c'est-à-dire qu'il pria pour qu'Allah bénisse ce peu de nourriture. Dans une version : « Je l'amenai et il en défit le lien, avant de dire : " Au nom d'Allah, ô, Allah ! Places-y une grande bénédiction ! " et il dit : " fais entrer dix personnes ! " Il les fit entrer, ils mangèrent jusqu'à se rassasier et sortirent. Il dit alors : " Fais entrer dix personnes ! ". Il les fit entrer, jusqu'à ce que tous les gens présents aient mangé et se soient rassasiés, alors qu'ils étaient soixante-dix ou quatre-vingt hommes ! » Rapporté par Al-Bukhârî et Muslim. Dans une version : « Les gens entraient et sortaient par dix, jusqu'à ce que chacun d'entre eux soit entré et ait mangé à sa faim. Ensuite, il le remit en état et c'est alors que le plat était tel qu'il était avant qu'ils n'en mangent. » Dans une autre version : « Ils mangèrent par groupes de dix, jusqu'à ce que quatre-vingt personnes mangèrent. Ensuite, le Prophète (sur lui la paix et le salut) et les gens de la maison mangèrent et laissèrent quelques restes. » Dans une autre version : " Ils laissèrent de quoi donner aux voisins." »
Référence
بهجة الناظرين، تأليف: سليم بن عيد الهلالي، الناشر: دار ابن الجوزي، سنة النشر: 1418 هـ- 1997م.
كنوز رياض الصالحين، تأليف: حمد بن ناصر بن العمار، الناشر: دار كنوز أشبيليا، الطبعة الأولى: 1430 هـ.
نزهة المتقين، تأليف: جمعٌ من المشايخ، الناشر: مؤسسة الرسالة، الطبعة الأولى: 1397 هـ الطبعة الرابعة عشر 1407 هـ.
صحيح البخاري، تأليف: محمد بن إسماعيل البخاري، تحقيق: محمد زهير الناصر، الناشر: دار طوق النجاة الطبعة: الأولى، 1422ه.ـ
صحيح مسلم، تأليف: مسلم بن الحجاج النيسابوري، تحقيق: محمد فؤاد عبد الباقي الناشر: دار إحياء التراث العربي – بيروت.
رياض الصالحين، تأليف: محيي الدين يحيى بن شرف النووي، تحقيق: د. ماهر بن ياسين الفحل، الطبعة: الأولى، 1428 هـ.
دليل الفالحين، تأليف: محمد بن علان، الناشر: دار الكتاب العربي، نسخة الكترونية، لا يوجد بها بيانات نشر.
عن عبد الله بن مسعود رضي الله عنه مرفوعاً: انشقَّ القمر على عهد رسول الله صلى الله عليه وسلم فِلْقَتين، فستر الجبل فِلْقَة، وكانت فِلْقَة فوق الجبل، فقال رسول الله صلى الله عليه وسلم : «اللهمَّ اشهَدْ».
‘Abdullah ibn Mas’ûd (qu’Allah l’agrée) relate : « A l’époque du Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut), la lune s’est fendue en deux parties : une partie était cachée par la montagne et l’autre était au-dessus de la montagne. Le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) a alors dit : " Ô Allah ! Sois témoin ! " »
Rapporté par Al-Bukhârî et MuslimDegréAuthentique
Explication
A l’époque du Prophète (sur lui la paix et le salut), la lune s’est fendue en deux parties distinctes : chaque partie se trouvant dans un endroit différent. Le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) a alors dit : « Ô Allah ! Sois témoin ! » C’est-à-dire : Ô Allah ! Je te prends à témoin que je leur ai fait voir la preuve de mon miracle et de ma prophétie.
Référence
صحيح البخاري، نشر: دار طوق النجاة (مصورة عن السلطانية بإضافة ترقيم محمد فؤاد عبد الباقي)، الطبعة: الأولى، 1422ه.
صحيح مسلم، تحقيق: محمد فؤاد عبد الباقي، نشر: دار إحياء التراث العربي – بيروت.
كشف المشكل من حديث الصحيحين، لجمال الدين أبي الفرج عبد الرحمن بن علي بن محمد الجوزي، المحقق: علي حسين البواب، الناشر: دار الوطن – الرياض.
مرقاة المفاتيح شرح مشكاة المصابيح، لعلي بن سلطان الملا الهروي القاري، الناشر: دار الفكر، بيروت – لبنان، الطبعة: الأولى، 1422هـ - 2002م.
عن أنس بن مالك رضي الله عنه قال: جاء زيدُ بنُ حارثة يشكو، فجعل النبيُّ صلى الله عليه وسلم يقول: «اتَّقِ اللهَ، وأمسِكْ عليك زوجَك»، قال أنس: لو كان رسولُ الله صلى الله عليه وسلم كاتمًا شيئًا لكتم هذه، قال: فكانت زينبُ تَفْخرُ على أزواج النبي صلى الله عليه وسلم تقول: زوَّجَكنَّ أهاليكنَّ، وزوَّجني اللهُ تعالى من فوق سبع سموات، وعن ثابت: {وتُخفي في نفسِك ما اللهُ مُبْدِيهِ وتخشى الناسَ} [الأحزاب: 37]، «نزلت في شأن زينبَ وزيد بن حارثة».
Anas ibn Mâlik (qu’Allah l’agrée) a dit : « Lorsque Zayd ibn Ḥârithah vint se plaindre au Prophète (sur lui la paix et le salut), celui-ci lui dit : " Crains Allah et garde ton épouse ! " » Anas a dit : « Si le Prophète (sur lui la paix et le salut) avait voulu cacher quelque chose, c’est bien celle-ci qu’il aurait cachée ! » Il a dit : « Zaynab se vantait auprès des épouses du Prophète (sur lui la paix et le salut) en disant : " Ce sont vos familles qui vous ont mariées ! Quant à moi, c’est Allah, Exalté soit-Il, qui m’a mariée d’au-dessus des sept Cieux ! " » Et Thâbit a dit que le verset suivant : {( Et tu cachais en toi ce qu’Allah allait dévoiler et tu craignais les gens.)} [Coran : 33/37] a été révélée au sujet de Zaynab et de Zayd ibn Ḥârithah.
Rapporté par Al-BûkhârîDegréAuthentique
Explication
Zayd ibn Ḥârithah (qu’Allah l’agrée) vint un jour au Prophète (sur lui la paix et le salut) pour se plaindre de sa femme, Zaynab bint Jaḥch (qu’Allah l’agrée), et pour lui demander son avis quant au fait de la répudier. Auparavant, Allah, Exalté soit-Il, avait révélé au Prophète (sur lui la paix et le salut) qu’il épouserait Zaynab, avant même que Zayd ne la répudie. Mais, lorsque ce dernier vint se plaindre d’elle et demander s’il devait la répudier, le Prophète (sur lui la paix et le salut) dit : « Crains Allah et garde ton épouse ! » Voilà pourquoi, Allah l’a blâmé en disant : {( Et lorsque tu as dit à celui à qui Allah avait fait grâce et à qui tu avais fait grâce : « Garde ton épouse et crains Allah ! » Tu cachais en toi-même ce qu’Allah allait dévoiler et tu craignais les gens tandis qu’Allah était plus digne que Tu le craignes. Puis, lorsque Zayd en eut fini avec elle, alors Nous te l’avons mariée.)} [Coran : 33/37]. Ce que le Prophète (sur lui la paix et le salut) cachait, c’est le fait qu’il lui déplaisait de l’épouser, parce qu’il craignait ce que les gens allaient dire s’il épousait l’ex-épouse de son fils adoptif. Anas (qu’Allah l’agrée) a dit : « Si le Prophète (sur lui la paix et le salut) avait voulu cacher quelque chose, c’est bien celle-ci qu’il aurait cachée ! » : si l'on pouvait imaginer, sachant que c'est religieusement inconcevable, que le Prophète (sur lui la paix et le salut) avait caché quelque chose qui lui avait été révélé, il aurait caché ce verset, mais ce ne fut pas le cas et, d’un point de vue strictement religieux, c’est impossible que cela ait pu se produire. Si l’on y réfléchit bien, ce verset est l’une des plus grandes preuves de la qualité du Prophète de Muḥammad (sur lui la paix et le salut), puisqu’Allah y informe de la crainte que Muḥammad a ressenti en lui vis-à-vis des gens. Mais, malgré cela, il a transmis ce verset tel quel, alors que des reproches y sont formulés à son encontre. En effet, au contraire, un menteur essaie toujours de cacher ce qui peut aller à son encontre. C’est le cas également du verset suivant où Allah, Exalté soit-Il, dit : {( Il s’est renfrogné et s’est détourné ! )} [Coran : 80/1] ainsi que d’autres versets semblables dans le Coran. « Zaynab se vantait auprès des épouses du Prophète (sur lui la paix et le salut) » : Elle était fière du fait que c’est Allah qui a [directement] ordonné au Prophète (sur lui la paix et le salut) de l’épouser et c’est là un de ses plus grands mérites, par lequel elle se distingue de ses autres coépouses. Voilà pourquoi, elle disait : « Ce sont vos familles qui vous ont mariées ! Quant à moi, c’est Allah, Exalté soit-Il, qui m’a mariée d’au-dessus des sept Cieux ! » Ce hadith prouve qu’Allah, Gloire et Pureté à Lui, est au-dessus de Sa création et que ceci est un fait bien établi pour les musulmans. C’est quelque chose d’évident pour l’ensemble des musulmans et même pour l’ensemble des créatures, à l’exception de ceux dont la nature a été modifiée. C’est un attribut divin attesté par la Révélation, la raison saine et la prédisposition naturelle humaine, sauf pour ceux dont la nature est altérée. « C’est Allah qui m’a mariée ! » : Allah a ordonné à Son Messager de l’épouser, en disant : {( Lorsque Zayd en eut fini avec elle, alors Nous te l’avons mariée.)} [Coran : 33/37] C’est Allah qui s’est chargé de l’acte de mariage.
Référence
صحيح البخاري، نشر: دار طوق النجاة (مصورة عن السلطانية بإضافة ترقيم محمد فؤاد عبد الباقي)، الطبعة: الأولى، 1422ه.
شرح كتاب التوحيد من صحيح البخاري، لعبد الله بن محمد الغنيمان، الناشر: مكتبة الدار، المدينة المنورة، الطبعة: الأولى، 1405 هـ.
عن عمران بن حصين رضي الله عنهما قال: كنا في سفر مع النبي صلى الله عليه وسلم، وإنا أَسْرَيْنا حتى كنا في آخر الليل، وَقَعْنا وَقْعَة، ولا وَقْعَة أحلى عند المسافر منها، فما أيقظنا إلا حَرُّ الشمس، وكان أول من استيقظ فلان، ثم فلان، ثم فلان، ثم عمر بن الخطاب، وكان النبي صلى الله عليه وسلم إذا نام لم يوقظ حتى يكون هو يستيقظ، لأنا لا ندري ما يحدث له في نومه، فلما استيقظ عمر ورأى ما أصاب الناس وكان رجلا جليدا، فكبَّر ورفع صوته بالتكبير، فما زال يكبر ويرفع صوته بالتكبير حتى استيقظ بصوته النبي صلى الله عليه وسلم، فلما استيقظ شكوا إليه الذي أصابهم، قال: «لا ضير -أو لا يضير- ارتحلوا». فارتحل، فسار غير بعيد، ثم نزل فدعا بالوَضوء، فتوضأ، ونُودِيَ بالصلاة، فصلَّى بالناس، فلما انفتل من صلاته إذا هو برجل معتزل لم يُصَلِّ مع القوم، قال: «ما منعك يا فلان أن تصلي مع القوم؟». قال: أصابتني جنابة ولا ماء، قال: «عليك بالصعيد، فإنه يكفيك». ثم سار النبي صلى الله عليه وسلم، فاشتكى إليه الناس من العطش، فنزل فدعا فلانا، ودعا عَلِيًّا فقال: «اذهبا، فابتغيا الماء». فانطلقا، فتلقيا امرأة بين مزادتين -أو سطيحتين- من ماء على بعير لها، فقالا لها: أين الماء؟ قالت: عهدي بالماء أمسِ هذه الساعةَ، ونَفَرُنا خُلُوف. قالا لها: انطلقي. إذًا قالت: إلى أين؟ قالا: إلى رسول الله صلى الله عليه وسلم. قالت: الذي يقال له: الصابئ؟ قالا: هو الذي تَعْنين، فانطلقي، فجاءا بها إلى النبي صلى الله عليه وسلم، وحدثاه الحديث، قال: فاستَنْزَلوها عن بعيرها، ودعا النبي صلى الله عليه وسلم بإناء، ففرَّغ فيه من أفواه المزادتين -أو سطيحتين- وأَوْكَأ أفواههما وأطلق العَزَالِيَ، ونودي في الناس: اسقوا واستقوا، فسقى مَن شاء واستقى مَن شاء، وكان آخر ذاك أن أعطى الذي أصابته الجنابة إناء من ماء، قال: «اذهب فأفرغه عليك». وهي قائمة تنظر إلى ما يُفْعَل بمائها، وايمُ الله لقد أقلع عنها، وإنه ليُخَيَّل إلينا أنها أشد مَلَأَة منها حين ابتدأ فيها، فقال النبي صلى الله عليه وسلم: «اجمعوا لها». فجمعوا لها من بين عَجْوة ودقيقة وسويقة حتى جمعوا لها طعاما، فجعلوها في ثوب وحملوها على بعيرها، ووضعوا الثوب بين يديها، قال لها: «تعلمين، ما رزئنا من مائك شيئا، ولكنَّ الله هو الذي أسقانا». فأتت أهلها وقد احتبست عنهم، قالوا: ما حبسك يا فلانة؟ قالت: العجب، لقيني رجلان، فذهبا بي إلى هذا الذي يقال له الصابئ، ففعل كذا وكذا، فوالله إنه لأسحر الناس من بين هذه وهذه، وقالت بإصبعيها الوسطى والسبابة، فرفعتهما إلى السماء –تعني: السماء والأرض- أو إنه لرسول الله حقا، فكان المسلمون بعد ذلك يَغِيرون على من حولها من المشركين، ولا يصيبون الصِّرْم الذي هي منه، فقالت يوما لقومها: ما أرى أن هؤلاء القوم يدعونكم عمدا، فهل لكم في الإسلام؟ فأطاعوها، فدخلوا في الإسلام.
Imrân ibn Ḥuṣayn (qu'Allah l'agrée, lui et son père) relate : « En voyage avec le Prophète (sur lui la paix et le salut), nous avançâmes de nuit et, vers la fin de celle-ci, nous fîmes une halte des plus douces qui soient pour le voyageur. Seule la chaleur du soleil nous sortit de notre sommeil, les premiers à se réveiller étant untel, puis untel, puis untel, puis 'Umar ibn al Khaṭṭâb. Quant au Prophète (sur lui la paix et le salut), on ne le réveillait jamais. On le laissait se réveiller de lui-même car on ne savait pas ce qui pouvait se passer pendant son sommeil. Quand 'Umar se réveilla et vit la situation, lui qui était un homme rude, il se mit à prononcer le takbîr [le fait de dire : « Allâhu Akbar ! » et qui signifie : « Allâh est plus Grand [que tout] à voix haute. Il continua de dire le takbîr et d'élever la voix jusqu'à réveiller le Prophète (sur lui la paix et le salut). Quand il se réveilla, les gens se plaignirent de ce qui était arrivé, mais il dit : « Ce n'est pas grave, prenez la route ! » Il reprit la route et, non loin de là, il fit halte, demanda de l'eau et fit les ablutions. On appela à la prière et les gens firent la prière. Quand il termina la prière, il aperçut un homme qui se tenait à l'écart et n'avait pas prié avec les autres. Il lui dit : « Qu'est-ce qui t'a empêché de prier avec les gens ? » Il dit : « Je suis en état de grande impureté et nous n'avons pas d'eau. » Il dit : « Aie recours à la terre, cela te suffira. » Ensuite, le Prophète (sur lui la paix et le salut) se mît en route et lorsque les gens se plaignirent de la soif, il fit halte et appela 'Ali ainsi qu’une autre personne à qui il dit : « Allez chercher de l'eau ! » Ils partirent donc et croisèrent une femme assise entre deux grandes outres de cuir sur son chameau. Ils lui demandèrent : « Où se trouve l'eau ? - Elle dit : J’ai quitté l'eau hier à la même heure, nos hommes sont à l’arrière. - Ils dirent : Viens donc ! - Elle dit : Où donc ? - Ils dirent : Voir le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut). - Elle dit : Celui que l'on appelle le sabéen ? - Ils dirent : C'est bien celui dont tu parles, alors viens ! » Ils revinrent donc au Prophète (sur lui la paix et le salut) et lui rapportèrent les informations. Il dit : « Faites-la descendre de son chameau ! » Il demanda qu'on lui apporte un récipient, dans lequel il posa le trou des deux outres, qu'il fit pencher et dont il défit les liens afin de faire couler l'eau. On appela les gens : « Buvez et prenez de l'eau ! » Ceux qui le voulaient burent et ceux qui le voulaient prirent de l'eau. A la fin, il donna un récipient d'eau à celui qui était en état d'impureté et lui dit : « Prends ceci et verse-le sur toi ! » Pendant ce temps, la femme était là, debout, à regarder ce que l'on faisait de son eau. Par Allah ! Quand il eut fini, nous eûmes l'impression qu'elles étaient encore plus remplies que lorsqu'il avait commencé ! Le Prophète (sur lui la paix et le salut) dit alors : « Rassemblez quelque chose pour elle ! » Ils rassemblèrent alors diverses choses, des dattes noires, de la farine et de la farine torréfiée, jusqu'à rassembler une certaine quantité de nourriture, qu'ils mirent dans un vêtement et placèrent devant elle sur son chameau. Il lui dit : tu vois bien, nous n'avons rien pris de ton eau, mais c'est Allah qui nous a abreuvés. Elle rentra chez les siens, après s'être attardée. Ils dirent : « Qu'est-ce qui t'a retenue, ô, unetelle ? - Elle dit : Quelque chose d'incroyable ! J'ai croisé deux hommes qui m'ont amené à cet homme qu'on appelle le sabéen, qui a fait ceci et cela... Par Allah, soit c'est l'homme le plus sorcier qui soit entre lui et elle - elle fit signe de l'index et du majeur vers le ciel, elle voulait dire : entre le ciel et la terre - soit il est bel et bien le Messager d'Allah ! » Après cela, les musulmans assaillirent les polythéistes qui vivaient autour d'elle mais ne s'attaquèrent pas au petit groupe auquel elle appartenait. Un jour, elle dit aux siens : « Je ne pense pas que ces gens-là vous épargnent sans raison, alors que diriez-vous d'embrasser l'Islam ? » Ils lui obéirent alors et embrassèrent l'Islam. »
Rapporté par Al-Bukhârî et MuslimDegréAuthentique
Explication
Ce hadith comporte plusieurs règles et quelques miracles que les Compagnons (qu'Allah les agrée) ont pu voir. Alors qu'ils étaient en voyage, ils furent pris de sommeil et dépassèrent l'horaire de la prière de l'aube. Le Prophète (sur lui la paix et le salut) s'est alors contenté de leur montrer ce qu'il faut faire dans ce genre de cas, c'est-à-dire rattraper la prière ratée. Deuxièmement, l'un des Compagnons était en état de janabah [d'impureté majeure], alors qu'ils n'avaient pas d'eau. Le Prophète (sur lui la paix et le salut) lui ordonna alors de se purifier avec la terre en faisant le tayammoum. Cela montre que lorsque l'eau manque, le tayammoum remplace le lavage complet du corps. Troisièmement, et c'est l'un des miracles du Prophète (sur lui la paix et le salut) : Lorsque les gens se plaignirent de la soif et du manque d'eau, il envoya deux hommes chercher de l'eau. Ils ne trouvèrent pas d'eau mais croisèrent une femme qui détenait deux outres de cuir remplies d'eau. Ils l'emmenèrent au Prophète (sur lui la paix et le salut) qui prit de l'eau dans les deux outres et invoqua Allah, jusqu'à ce que l'eau coule à flots, ce qui permit aux Compagnons (qu'Allah les agrée) de faire des provisions d'eau et de boire. Celui qui était en état de janabah prit même de l'eau pour se laver. La femme prit ensuite ses outres en se disant qu'elles semblaient encore plus remplies qu'avant. Enfin, le Prophète (sur lui la paix et le salut) ordonna que l'on rassemble de quoi la remercier, ce qui fut l'une des causes de sa conversion à l'Islam et de celle de sa tribu.
Référence
صحيح البخاري، أبو عبد الله محمد بن إسماعيل بن إبراهيم الجعفي البخاري, تحقيق محمد زهير بن ناصر الناصر - الناشر: دار طوق النجاة - الطبعة: الأولى 1422هـ.
توضيح الأحكام من بلوغ المرام، عبدالله بن عبد الرحمن البسام، مكتبة الأسدي، مكة، ط الخامسة، 1423هـ.
منحة العلام في شرح بلوغ المرام، تأليف : عبد الله بن صالح الفوزان، ط 1، 1427هـ، دار ابن الجوزي.
صحيح مسلم؛ للإمام مسلم بن الحجاج، حققه ورقمه محمد فؤاد عبدالباقي، دار عالم الكتب-الرياض، الطبعة الأولى، 1417هـ.
عمدة القاري شرح صحيح البخاري؛ تأليف بدر الدين العيني الحنفي، طبعة إحياء التراث العربي، بيروت، بدون تاريخ.
عن أبي هريرة رضي الله عنه ، قال أبو جهل: هل يُعَفِّر محمدٌ وجهَه بين أَظْهُركم؟ قال فقيل: نعم، فقال: واللَّات والعُزَّى لَئِن رأيتُه يفعل ذلك لأَطَأَنَّ على رقبتَه، أو لأُعَفِّرنَّ وجهَه في التراب، قال: فأتى رسولَ الله صلى الله عليه وسلم وهو يصلِّي، زَعَم لَيَطَأ على رقبته، قال: فما فَجِئَهم منه إلا وهو يَنْكِصُ على عَقِبَيْه ويتَّقي بيديْه، قال: فقيل له: ما لك؟ فقال: إنَّ بيْني وبيْنه لخَنْدَقًا من نار وهَوْلًا وأجنِحة، فقال رسول الله صلى الله عليه وسلم : «لو دنا منِّي لاخْتَطفَتْه الملائكةُ عُضْوًا عُضْوًا» قال: فأنزل اللهُ -عزَّ وجلَّ- -لا ندري في حديث أبي هريرة، أو شيء بلغه -: {كَلَّا إِنَّ الْإِنْسَانَ لَيَطْغَى، أَنْ رَآهُ اسْتَغْنَى، إِنَّ إِلَى رَبِّكَ الرُّجْعَى، أَرَأَيْتَ الَّذِي يَنْهَى، عَبْدًا إِذَا صَلَّى، أَرَأَيْتَ إِنْ كَانَ عَلَى الْهُدَى، أَوْ أَمَرَ بِالتَّقْوَى، أَرَأَيْتَ إِنْ كَذَّبَ وَتَوَلَّى} [العلق: 7]- يعني أبا جهل - {أَلَمْ يَعْلَمْ بِأَنَّ اللَّهَ يَرَى، كَلَّا لَئِنْ لَمْ يَنْتَهِ لَنَسْفَعًا بِالنَّاصِيَةِ، نَاصِيَةٍ كَاذِبَةٍ خَاطِئَةٍ، فَلْيَدْعُ نَادِيَهُ، سَنَدْعُ الزَّبَانِيَةَ، كَلَّا لَا تُطِعْهُ} [العلق: 14]، زاد عبيد الله -أحد الرواة- في حديثه قال: وأمره بما أمره به. وزاد ابن عبد الأعلى -راوٍ آخر-: {فَلْيَدْعُ نَادِيَهُ} [العلق: 17]، يعني قومه.
Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) relate : « Abû Jahl a demandé : " Est-ce que Muḥammad pose son visage par terre alors qu’il est parmi vous ? - On lui a répondu : Oui. - Alors, il a juré : Par Al-Lât et Al-‘Uzzâ ! Si je le voyais faire cela, je poserai alors mon pied sur son cou ou j’enfoncerai son visage dans la terre ! " » Il a dit : « Il vint au Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) alors qu'il priait et il avait prétendu qu’il poserait son pied sur son cou. » Il a dit : « Il se précipita alors vers lui sauf qu’il s’en retourna [subitement] sur ses talons et fut empêché une fois devant lui. On lui demanda alors : " Qu’est-ce qu’il t’arrive ? - Il répondit : Entre lui et moi, il y a un fossé de feu, des affres et des ailes ! - Le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) a alors dit : S’il s’était rapproché de moi, les Anges l’auraient alors saisi membre par membre. " » Il a dit : « Allah, à Lui la Puissance et la Grandeur, révéla alors le verset suivant - et nous ne savons pas si cela fait partie du hadith d’Abû Hurayrah ou si c’est quelque chose qui lui est parvenu - : {( Mais non ! Vraiment l’homme devient rebelle, dès qu’il estime qu’il peut se suffire à lui-même. Certes, c’est vers ton Seigneur qu’est le retour. As-tu vu celui qui interdit à un serviteur d’Allah d’accomplir la prière ? Vois-tu s’il est sur la bonne voie ou s’il ordonne la piété ? Vois-tu s’il dément et tourne le dos ? )}, c’est-à-dire : Abû Jahl. {( Ne sait-il pas que vraiment Allah voit ? Mais non ! S’il ne cesse pas, Nous le saisirons par le toupet, le toupet d’un menteur, d’un pécheur. Qu’il appelle donc son assemblée ! Nous appellerons les gardiens (de l’Enfer). Mais non ! Ne lui obéis pas, prosterne-toi et rapproche-toi. )} [Coran : 96 : 6/19] » ‘Ubaydullah - l'un des rapporteurs [du hadith] - a ajouté dans son hadith : « Il a dit : "Et il lui a ordonné ce qu’il lui a ordonné ! " » Et Ibn ‘Abd Al-A’lâ - un autre rapporteur [du hadith] - a rajouté : {( Qu’il appelle donc son assemblée ! )} C’est-à-dire : son peuple.
Rapporté par MuslimDegréAuthentique
Explication
Un jour, Abû Jahl a demandé à ses compagnons : « Est-ce que Muḥammad prie et se prosterne sur la terre en votre présence tandis que vous le voyez et l’entendez ? » Ses compagnons répondirent : « Oui ! » Abû Jahl jura alors par Al-Lât et Al-‘Uzzâ que s’il voyait Muḥammad (sur lui la paix et le salut) se prosterner, il poserait son pied sur son cou ou il enfoncerait son visage dans le sol. Or, un jour, Abû Jahl vit le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) prosterné. Il se précipita vers lui afin de poser son pied sur son cou mais subitement, ses compagnons virent Abû Jahl faire marche arrière tout effrayé tendant ses deux mains devant lui comme s’il repoussait quelque chose avec. Ses compagnons lui ont alors demandé : « Que t’arrive-t-il ? » Il les informa du fait que lorsqu’il avait voulu poser son pied sur le cou de Muḥammad (sur lui la paix et le salut) il avait vu un abîme de feu [s'interposer] entre eux, il avait aussi vu des ailes et surtout quelque chose d’angoissant qui l’effraya terriblement, à tel point qu'il dut s’enfuir et faire marche arrière. Le Prophète (sur lui la paix et le salut) informa alors ses Compagnons que si Abû Jahl s’était rapproché davantage de lui, les Anges auraient brisé chacun de ses membres, l’un après l’autre. Allah, à Lui la Puissance et la Grandeur, révéla alors [les versets suivants] : {( Mais non ! Vraiment l’homme devient rebelle, dès qu’il estime qu’il peut se suffire à lui-même. Certes, c’est vers ton Seigneur qu’est le retour. As-tu vu celui qui interdit à un serviteur d’Allah d’accomplir la prière ? Vois-tu s’il est sur la bonne voie ou s’il ordonne la piété ? Vois-tu s’il dément et tourne le dos ? Ne sait-il pas que vraiment Allah voit ? Mais non ! S’il ne cesse pas, Nous le saisirons par le toupet, le toupet d’un menteur, d’un pécheur. Qu’il appelle donc son assemblée ! Nous appellerons les gardiens (de l’Enfer). Mais non ! Ne lui obéis pas, prosterne-toi et rapproche-toi. )} [Coran : 96 : 6/19], c’est-à-dire : Certes, l’homme - et ici, c’est Abû Jahl qui est désigné - outrepasse dans la mécréance, les désobéissances et l’injustice dès lors où il se considère riche [et estime qu’il peut se passer des gens]. Ô Muḥammad ! Certes, le retour de ce mécréant se fera vers ton Seigneur et Il lui fera alors goûter Son châtiment douloureux. Ô Muḥammad ! As-tu vu Abû Jahl, celui qui t’interdit de prier auprès de la Ka’bah alors qu’il se détourne et s’oppose à la vérité en la démentant ? Y a-t-il quelque chose de plus étonnant que cela ? As-tu vu si Muḥammad est sur la bonne direction et ordonne la piété ? As-tu vu si Abû Jahl dément la vérité avec laquelle Muḥammad a été envoyé et il lui tourne le dos [en n’y croyant pas et] en ne la déclarant pas véridique ? Abû Jahl ne sait-il pas qu’Allah voit cela et qu'Il le rétribuera au Jour de la Résurrection ? Si Abû Jahl ne cesse pas de démentir Muḥammad, de l’insulter et de lui causer du tort, alors Nous le saisirons par le devant de sa tête et le conduirons en Enfer. En effet, la tête de cette personne est une tête de menteur et de pécheur. Qu’Abû Jahl appelle donc, à ce moment-là, les gens de son assemblée et qu’il leur demande qu’ils le secourent. Et s’il les appelle, Nous appellerons nous-mêmes les Anges sévères et durs. Par conséquent, ô Muḥammad, ne lui obéis pas dans l’abandon de la prière mais plutôt prie pour Allah et rapproche-toi de lui en Lui obéissant.
Référence
- صحيح مسلم، تحقيق: محمد فؤاد عبد الباقي، نشر: دار إحياء التراث العربي – بيروت.
- المنهاج شرح صحيح مسلم بن الحجاج، للنووي، نشر: دار إحياء التراث العربي – بيروت، الطبعة: الثانية، 1392ه.
- النهاية في غريب الحديث والأثر، لابن الأثير، نشر: المكتبة العلمية - بيروت، 1399هـ - 1979م، تحقيق: طاهر أحمد الزاوى - محمود محمد الطناحي.
- مرقاة المفاتيح شرح مشكاة المصابيح، لعلي بن سلطان الملا الهروي القاري، الناشر: دار الفكر، بيروت – لبنان، الطبعة: الأولى، 1422هـ - 2002م.
- الإفصاح عن معاني الصحاح، ليحيى بن هبيرة بن محمد بن هبيرة الذهلي الشيباني، المحقق: فؤاد عبد المنعم أحمد، الناشر: دار الوطن، سنة النشر: 1417هـ.
- كشف المشكل من حديث الصحيحين، لجمال الدين أبي الفرج عبد الرحمن بن علي بن محمد الجوزي، المحقق: علي حسين البواب، الناشر: دار الوطن – الرياض.
- تاج العروس من جواهر القاموس، للزبيدي، نشر: دار الهداية.
- تفسير الطبري = جامع البيان عن تأويل آي القرآن, محمد بن جرير بن يزيد بن كثير بن غالب الآملي، أبو جعفر الطبري, تحقيق: الدكتور عبد الله بن عبد المحسن التركي, دار هجر, الطبعة: الأولى، 1422 هـ - 2001 م.
- إكمال المعلم بفوائد مسلم لعياض بن موسى بن عياض بن عمرون اليحصبي السبتي، المحقق: الدكتور يحيى إسماعيل، الناشر: دار الوفاء للطباعة والنشر والتوزيع، مصر، الطبعة: الأولى، 1419 هـ - 1998 م.
عن بريدة رضي الله عنه قال: «إنَّ رسولَ الله صلى الله عليه وسلم تَفَلَ في رِجْل عمرو بن مُعاذ حِين قُطِعتْ رِجْلُه، فبَرأَ».
Buraydah (qu'Allah l'agrée) relate : « Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) cracha sur le pied de 'Amr ibn Mu'âdh, lorsque son pied fut coupé, et il s'est rétabli. »
Rapporté par Ibn ḤibbânDegréAuthentique
Explication
Lorsque le pied de 'Amr ibn Mu'âdh (qu'Allah l'agrée) fut coupé, le Prophète (sur lui la paix et le salut) cracha dessus, de sa salive pure, il a alors été guéri et s'est rétabli par la permission d'Allah. C'est un miracle manifeste du Prophète (sur lui la paix et le salut).
Référence
- الإحسان في تقريب صحيح ابن حبان، المؤلف: محمد بن حبان بن أحمد بن حبان بن معاذ البُستي، ترتيب: الأمير علاء الدين علي بن بلبان الفارسي، حققه وخرج أحاديثه وعلق عليه: شعيب الأرنؤوط، الناشر: مؤسسة الرسالة، بيروت، الطبعة: الأولى، 1408 هـ - 1988 م.
- سلسلة الأحاديث الصحيحة وشيء من فقهها وفوائدها، تأليف محمد ناصر الدين الألباني، الناشر: مكتبة المعارف للنشر والتوزيع، الرياض، الطبعة: الأولى، لمكتبة المعارف.
- معجم اللغة العربية المعاصرة، للدكتور أحمد مختار عبد الحميد عمر بمساعدة فريق عمل، الناشر: عالم الكتب، الطبعة: الأولى، 1429 هـ - 2008 م.
- معرفة الصحابة, أبو نعيم أحمد بن عبد الله الأصبهاني, تحقيق: عادل بن يوسف العزازي, دار الوطن للنشر، الرياض, الطبعة: الأولى 1419 هـ - 1998 م.
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