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Hadiths expliqués

Biographies de gens illustres

3 hadiths

Ne sais-tu pas que l'Islam annule ce qui le précède, que l'émigration annule ce qui la précède et que le Pèlerinage annule ce qui le précède ?

عن ابن شماسة المهري قال: حَضَرنَا عَمرو بن العاص رضي الله عنه وهُو فِي سِيَاقَةِ الْمَوتِ، فَبَكَى طَوِيلاً، وَحَوَّلَ وَجهَهُ إِلَى الجِدَارِ، فَجَعَلَ ابنَهُ، يقول: يَا أَبَتَاهُ، أَمَا بَشَّرَكَ رسُول الله -صلَّى الله عليه وسلَّم- بكَذَا؟ أمَا بشَّركَ رسول الله -صلَّى الله عليه وسلَّم- بِكَذَا؟ فَأَقبَلَ بِوَجهِهِ، فقَالَ: إِنَّ أَفضَلَ مَا نُعِدُّ شَهَادَةُ أَنْ لاَ إِلَهَ إِلاَّ الله، وَأَنَّ مُحَمَّدًا رسولُ الله، إِنِّي قَدْ كُنتُ عَلَى أَطْبَاقٍ ثَلاَثٍ: لَقَدْ رَأَيتُنِي وَمَا أَحَدٌ أَشَدَّ بُغْضًا لِرَسُولِ الله -صلَّى الله عليه وسلَّم- مِنِّي، وَلاَ أَحَبَّ إِلَيَّ مِنْ أَنْ أَكُونَ قَدْ اسْتَمْكَنْتُ مِنْهُ فَقَتَلْتُهُ، فَلَوْ مُتُّ عَلَى تِلْكَ الحَالِ لَكُنْتُ مِنْ أَهْلِ النَّارِ، فَلَمَّا جَعَلَ اللهُ الإِسْلاَمَ فِي قَلْبِي أَتَيتُ النَبيَّ -صلَّى الله عليه وسلَّم-، فَقُلتُ: ابْسُطْ يَمِينَكَ فَلِأُبَايِعُكَ، فَبَسَطَ يَمِينَهُ فَقَبَضْتُ يَدِي، فقال: «مَا لَكَ يَا عَمرُو؟» قُلتُ: أَرَدْتُ أَنْ أَشْتَرِطَ، قال: «تَشْتَرِطُ مَاذَا؟» قُلتُ: أَنْ يُغْفَرَ لِي، قال: «أَمَا عَلِمتَ أَنَّ الإِسْلاَمَ يَهْدِمُ مَا كَانَ قَبْلَهُ، وَأَنَّ الهِجْرَةَ تَهْدِمُ مَا كَانَ قَبْلَهَا، وَأَنَّ الحَجَّ يَهْدِمُ مَا كَانَ قَبْلَهُ؟» وَمَا كَان أَحَدٌ أَحبَّ إِلَيَّ مِنْ رسُول الله -صلَّى الله عليه وسلَّم- وَلاَ أَجَلَّ فِي عَينِي مِنْهُ، وَمَا كُنْتُ أُطِيقُ أَنْ أَمْلَأَ عَينِي مِنْهُ؛ إِجْلاَلاً لَهُ، وَلَوْ سُئِلْتُ أَنْ أَصِفَهُ مَا أَطَقْتُ؛ لِأَنِّي لَمْ أَكُنْ أَمْلَأُ عَينِي مِنْهُ، وَلَوْ مِتُّ عَلَى تِلْكَ الحَالِ لَرَجَوْتُ أَنْ أَكُونَ مِنْ أَهْلِ الجَنَّةِ، ثُمَّ وَلِينَا أَشْيَاءَ مَا أَدْرِي مَا حَالِي فِيهَا؟ فَإِذَا أَنَا مِتُّ فَلاَ تَصْحَبْنِي نَائِحَةٌ وَلاَ نَارٌ، فَإِذَا دَفَنْتُمُونِي، فَشُنُّوا عَلَيَّ التُرَابَ شَنًّا، ثُمَّ أَقِيمُوا حَولَ قَبرِي قَدْرَ مَا تُنْحَرُ جَزُور، وَيُقْسَمُ لَحْمُهَا، حتَّى أَسْتَأْنِسَ بِكُم، وَأَنْظُر مَا أُرَاجِعُ بِهِ رُسُلَ رَبِّي.
Ibn Shimâsah Al-Mahrî relate : « Nous étions auprès de 'Amr ibn Al-’Âṣ alors qu’il était sur le point de mourir. Il pleura longuement et tourna son visage vers le mur. Son fils lui dit alors : Ô, père ! Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) ne t'a-t-il pas annoncé ceci et cela ? - Il se tourna alors vers nous et dit : « la meilleure chose que nous ayons préparée est d'attester qu'il n'est de divinité [digne d'adoration] excepté Allah et que Muḥammad est le Messager d'Allah. Je suis passé par trois étapes : il fut un temps où personne ne détestait plus le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) que moi. Personne ne désirait plus que moi l'avoir à sa merci et le tuer. Si j'étais mort dans cet état, je serais parmi les gens de l'Enfer. Ensuite, quand Allah fit pénétrer l'Islam dans mon cœur, je vins au Prophète (sur lui la paix et le salut) et dis : « Tends la main droite, que je te prête serment ! » Lorsqu’il tendit la main, je retirai la mienne. Il dit : « Qu'as-tu, 'Amr ?! - Je dis : je veux poser une condition ! Il dit : laquelle ? Je dis : Que je sois pardonné ! Il dit : Ne sais-tu pas que l'Islam annule tout ce qui le précède, que l'émigration annule tout ce qui la précède et que le Pèlerinage annule tout ce qui le précède ? » Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) devint alors la personne que j'aimais et respectais le plus ; personne n'était plus vénérable à mes yeux ; je le vénérais tellement que je ne pouvais pas le regarder dans les yeux ; si on me demandait de le décrire j'en serais incapable car je ne le fixais jamais. Si j'étais mort dans cet état, j'eus espéré faire partie des gens du Paradis. Puis, j'ai occupé certaines responsabilités dont j'ignore mon état. Si, par conséquent, je venais à mourir, qu'aucune pleureuse et qu'aucun feu ne m'accompagnent. Ensuite, lorsque vous m'aurez placé dans la tombe, jetez de la terre sur moi, puis, restez le temps qu'il faut pour égorger un chameau et partager sa viande de sorte à ce que vous me teniez compagnie et que je vois ce que je dois répondre aux Messagers de mon Seigneur.
Rapporté par MuslimDegréAuthentique
Explication

Ce récit de 'Amr ibn Al-’Âṣ (qu'Allah l'agrée), traitant notamment du fait d'insuffler à autrui l'optimisme et l'espoir, a une histoire formidable dont le résumé est le suivant : alors qu'il était sur le point de mourir et que certains de ses Compagnons étaient à son chevet, il se mit à pleurer fortement et tourna son visage vers le mur, lui qui allait quitter ce bas-monde. Son fils lui demanda pourquoi il pleurait alors que le Prophète (sur lui la paix et le salut) lui avait annoncé le Paradis ? Il dit : « Ô, mon fils ! Je suis passé par trois étapes », puis expliqua ces trois étapes. Dans la première, il détestait le Prophète (sur lui la paix et le salut) de tout son cœur et plus que quiconque. Il rêvait de pouvoir mettre la main sur lui afin de le tuer, ce qui représente le plus haut degré de la mécréance. Ensuite, Allah fit pénétrer l'Islam dans son cœur et il se rendit au Prophète (sur lui la paix et le salut) pour lui dire : « Ô, Messager d'Allah ! Tends la main que je te prête serment ! » et m'engage dans l'Islam. Le Prophète (sur lui la paix et le salut), qui faisait preuve de la meilleure des conduites, tendit la main, mais 'Amr retira la sienne, non par orgueil, mais pour s'assurer de ce qu'il allait mentionner. Le Prophète (sur lui la paix et le salut) dit : « Qu'as-tu ? - Il dit : J'ai une condition », c'est-à-dire pour entrer dans l'Islam. Il dit : « Quelle est ta condition ? - Il dit : je veux qu'Allah pardonne ma mécréance et mes péchés passés ». Tel était son plus grand souci : il voulait qu'Allah lui pardonne, car il pensait que ce qu'il avait commis auparavant était si grave qu'Allah ne lui pardonnerait pas. Le Prophète (sur lui la paix et le salut) lui répondit : « Ne sais-tu pas que l'Islam annule ce qui le précède, que l'émigration annule ce qui la précède et que le Pèlerinage annule ce qui le précède ? » Il a donc mentionné trois choses. Quant à l'Islam, le Coran lui-même stipule qu'il annule ce qui le précède : {( Dis à ceux qui ont mécru que s'ils arrêtent, ce qu'ils ont fait auparavant leur sera pardonné, mais s'ils persistent, eh bien, l'histoire des anciens s'est déjà produite )} [Coran : 8/38]. En ce qui concerne l'Émigration : si quelqu'un quitte son pays, qui est un pays de mécréance, elle efface ce qui précède. Il en est de même du Pèlerinage, au sujet duquel le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : « Le Pèlerinage pieux n'a d'autre récompense que le Paradis ». 'Amr prêta donc serment au Prophète (sur lui la paix et le salut), qu'il aima ensuite de tout son cœur et qui devint la personne qu'il aimait le plus, au point que, par respect, il ne put le fixer du regard. Exalté soit Celui qui retourne les cœurs ! Hier, il le détestait de tout son cœur et rêvait de le tuer et, en ce jour, il le respectait trop pour poser son regard sur lui. Il ne pouvait même pas le décrire car, par respect pour lui, il ne le regardait pas suffisamment pour être en mesure de s'en souvenir. Il dit que s'il était mort dans le premier état, il aurait fait partie des gens de l'Enfer et que s'il était mort dans le deuxième état, il aurait espéré faire partie des gens du Paradis. On peut observer le scrupule dans ses propos : d'une part, il affirme que s'il 'était mort dans le premier état, il aurait fini en Enfer, d'autre part, il dit au sujet du deuxième état : « j'aurais espéré faire partie des gens du Paradis », et non « j'aurais fait partie des gens du Paradis ». En effet, il est difficile d'attester que quelqu'un fait partie du Paradis. Par la suite, il occupa des responsabilités et [fut chargé de donner] certains commandements suite auxquels est arrivé ce qui est arrivé dans l’histoire des conflits opposants Mu'âwiyah (qu’Allah l’agrée) et d'autres personnes ; sachant que 'Amr était connu pour être l'un des hommes les plus intelligents et les plus habiles parmi les Arabes. Il craignait donc que ce qui lui était arrivé après l'étape intermédiaire anéantisse ses œuvres. Ensuite, il émit quelques recommandations concernant après sa mort : il a interdit la présence d'une femme qui se lamente, qui émet des plaintes et des cris proches du roucoulement des pigeons pour pleurer les morts. Il leur demanda également de rester près de sa tombe après son enterrement, le temps qu’il faut pour égorger un chameau et distribuer sa viande, et qu'il réponde aux Messagers de son Seigneur, c'est-à-dire aux deux anges qui viennent à la rencontre du défunt tout de suite après son enterrement. A cet instant ils l'assoient dans sa tombe et lui posent trois questions : qui est ton Dieu ? Quelle est ta religion ? Qui est ton Prophète ? 'Amr ibn Al-’Âṣ a donc ordonné à sa famille de rester à ses côtés le temps qu'il faut pour égorger un chameau et distribuer sa viande, pour qu'il ne se sente pas seul. Cela prouve que le mort sent la présence des siens ; d'ailleurs, le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit que le mort entend les pas des gens qui repartent et s'éloignent de sa tombe, alors que c'est un son très faible. Dans un autre récit prophétique dont la chaîne de rapporteurs est acceptable, il est également dit que lorsqu'il avait enterré un mort, le Prophète (sur lui la paix et le salut) restait debout près de sa tombe et disait : « Implorez le pardon pour votre frère et priez pour qu'on le raffermisse car, en ce moment, il est interrogé ! » Il est donc recommandé de rester près de la tombe juste après l'enterrement et de dire : « Ô Allah ! Raffermis-le ! Ô Allah ! Raffermis-le ! Ô Allah ! Raffermis-le ! Ô Allah, pardonne-lui ! Ô Allah ! Pardonne-lui ! Ô Allah ! Pardonne-lui ! » En effet, quand il saluait ou quand il invoquait, le Prophète (sur lui la paix et le salut) le faisait trois fois. En conclusion, on remarque que le fils de 'Amr lui a rappelé que le Prophète (sur lui la paix et le salut) lui avait annoncé le Paradis et ceci afin d'inspirer l'optimisme et lui faire espérer le bien.

Référence

بهجة الناظرين شرح رياض الصالحين، سليم بن عيد الهلالي، دار ابن الجوزي، الدمام، الطبعة: الأولى 1415هـ. تطريز رياض الصالحين، فيصل بن عبد العزيز المبارك، تحقيق: عبد العزيز بن عبد الله آل حمد، دار العاصمة للنشر والتوزيع، الرياض، الطبعة: الأولى 1423هـ، 2002م. رياض الصالحين من كلام سيد المرسلين، أبو زكريا محيي الدين النووي، تحقيق ماهر الفحل، دار ابن كثير، دمشق، بيروت، الطبعة: الأولى 1428هـ. شرح رياض الصالحين، محمد بن صالح العثيمين، مدار الوطن، الرياض، 1426هـ. صحيح البخاري، محمد بن إسماعيل البخاري الجعفي، تحقيق: محمد زهير الناصر، دار طوق النجاة (مصورة عن السلطانية بإضافة ترقيم: محمد فؤاد عبد الباقي)، الطبعة: الأولى 1422هـ. صحيح مسلم، مسلم بن الحجاج القشيري النيسابوري، تحقيق محمد فؤاد عبد الباقي، دار إحياء التراث العربي، بيروت، الطبعة: 1423هـ. نزهة المتقين شرح رياض الصالحين، مجموعة من الباحثين، مؤسسة الرسالة، بيروت، الطبعة: الرابعة عشر 1407هـ.

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On nous donna des biens de ce bas-monde ce qu’on nous donna - Nous avons alors craint que le salaire de nos bonnes actions ne nous fut donné en avance.

عن إبراهيم بن عبد الرحمن بن عوف، أن عبد الرحمن بن عوف رضي الله عنه أُتي بطعام وكان صائمًا، فقال: قُتِل مُصعب بن عمير رضي الله عنه وهو خيرٌ مني، فلم يوجد له ما يُكفَّن فيه إلا بُردة إن غُطِّيَ بها رأسه بَدَت رِجْلاه؛ وإن غُطِّيَ بها رجلاه بدا رأسه، ثم بُسِط لنا مِنَ الدنيا ما بُسِط، أو قال: أُعْطِينا من الدنيا ما أُعطِينا، قد خَشِينَا أن تكون حَسَنَاتُنا عُجِّلَت لنا، ثم جعل يبكي حتى ترك الطعام.
Ibrâhim ibn ‘Abd ar-Raḥmân ibn ‘Awf relate qu'on apporta à manger à son père, ‘Abd ar- Raḥmân ibn ‘Awf (qu’Allah les agrée), alors qu’il jeûnait. Il dit : « Mus’ab ibn ‘Umayr (qu’Allah l’agrée) a été tué et il était meilleur que moi. On ne lui trouva pour linceul qu’un manteau ; lorsqu’on lui couvrait la tête, ses pieds restaient découverts et lorsqu’on lui couvrait les pieds, sa tête restait découverte. Puis, cette vie d’ici-bas nous a été accordée avec largesse comme elle l’a été - Ou, il a dit : On nous donna des biens de ce bas-monde ce qu’on nous donna - Nous avons alors craint que le salaire de nos bonnes actions ne nous fut donné en avance. Puis, il se mit à pleurer jusqu’à renoncer à manger. »
Rapporté par Al-BûkhârîDegréAuthentique
Explication

Au cours de l’une de ces journées où ‘Abd ar-Raḥmân ibn ‘Awf (qu’Allah l’agrée) avait l’habitude de jeûner, il reçut quelque chose à manger pour le moment de la rupture de son jeûne. D’habitude, le jeûneur attend et désire la nourriture, mais là, ‘Abd ar-Raḥmân (qu’Allah l’agrée) se souvint de la situation des premiers Compagnons (qu’Allah les agrée) parmi les « Muhâjirûn » [c'est à dire : ceux qui ont fait l’émigration de La Mecque à Médine]. A ce moment-là, et méprisant sa propre personne, il dit : « Certes Mus’ab ibn ‘Umayr (qu’Allah l’agrée) était meilleur que moi en modestie et en humilité mais aussi en pauvreté et en patience. » Pourtant, les savants ont clairement déclaré que les dix Compagnons promis au Paradis sont meilleurs que tous les autres Compagnons (qu’Allah les agrée). Avant l’Islam, Mus’ab ibn ‘Umayr (qu’Allah l’agrée) vivait chez ses parents à la Mecque, et ces derniers étaient très riches. Ils lui achetaient les meilleurs habits des jeunes de l’époque et le gâtaient énormément. Mais, il décida d’embrasser l’Islam, alors il les quitta et s’éloigna d’eux pour émigrer avec le Prophète (sur lui la paix et le salut). Dès lors, il fut considéré comme un « Muhâjir ». Lors de son voyage d’émigration, il portait des habits déchirés tandis qu’à La Mecque, lorsqu’il était encore auprès de ses parents, il portait les plus beaux habits. Il avait abandonné tout ce luxe pour émigrer vers Allah et son Prophète (sur lui la paix et le salut). Lors de la Bataille de Uḥud, il reçut l’étendard de l’Islam de la part du Prophète (sur lui la paix et le salut). Au cours de cette bataille, il fut tué et tomba en martyr, qu’Allah l’agrée. A ce moment-là, il portait sur lui un manteau qu’on utilisa comme linceul. Lorsqu’on lui en couvrait la tête, ses pieds restaient découverts et lorsqu’on lui en couvrait les pieds, sa tête restait découverte. Voyant cela, le Prophète (sur lui la paix et le salut) ordonna de lui couvrir la tête avec et de cacher ses pieds avec des feuilles de jonc odorant (« Al-Idhkhir »), une plante bien connue. Alors, ‘Abd ar-Raḥmân ibn ‘Awf (qu’Allah l’agrée) se souvint de la situation de Mus’ab ibn ‘Umayr (qu’Allah l’agrée) et dit : « Certes, ils sont partis et ont été préservés de ce qu’Allah a dispensé comme biens matériels pour ceux qui sont venus après eux, comme Il l’a dit, Exalté soit-Il : {( Ainsi que d’abondants butins qu’ils amasseront. )} [Coran : 47/19]. Ensuite, ‘Abd ar-Raḥmân ibn ‘Awf (qu’Allah l’agrée) dit : « Nous avons alors craint que le salaire de nos bonnes actions ne nous fut donné en avance. » C’est-à-dire : nous avons eu peur de faire partie du groupe auquel il a été dit : {( Quiconque désire la vie immédiate, Nous Nous hâtons de la lui donner comme Nous voulons et à qui Nous voulons. Ensuite, Nous lui assignerons l’Enfer où il brûlera méprisé et repoussé.)} [Coran : 17/18]. Ou encore, Sa parole, Exalté soit-Il : {( Vous avez dissipé vos excellents biens durant votre vie sur terre et vous en avez joui pleinement. )} [Coran : 46/20]. Ceci a aussi été rapporté au sujet de ‘Umar (qu’Allah l’agrée) du fait que la crainte accompagnait généralement ces personnes. ‘Abd ar-Raḥmân Ibn ‘Awf (qu’Allah l’agrée) craignit que le salaire de ses bonnes actions lui fut déjà attribué en ce bas monde. Il se mit ensuite à pleurer de crainte de ne pas faire partie des gens pieux qui l’avaient précédé. Finalement, il eut l’appétit coupé et délaissa son manger, qu’Allah l’agrée ainsi que l’ensemble des Compagnons.

Référence

صحيح البخاري، المؤلف: محمد بن إسماعيل أبو عبدالله البخاري الجعفي، المحقق: محمد زهير بن ناصر الناصر، الناشر: دار طوق النجاة (مصورة عن السلطانية بإضافة ترقيم ترقيم محمد فؤاد عبد الباقي)، الطبعة: الأولى، 1422هـ. بهجة الناظرين، الشيخ: سليم بن عيد الهلالي، دار ابن الجوزي. نزهة المتقين، د. مصطفى سعيد الخن، د. مصطفى البغا، محيي الدين مستو، علي الشرجبي، محمد أمين لطفي، مؤسسة الرسالة ، بيروت، الطبعة الأولى: 1397 هـ 1977 م، الطبعة الرابعة عشر 1407 هـ 1987م. شرح رياض الصالحين، المؤلف: محمد بن صالح بن محمد العثيمين، الناشر: دار الوطن للنشر، الرياض، الطبعة: 1426 هـ. رياض الصالحين، د. ماهر بن ياسين الفحل، الناشر: دار ابن كثير للطباعة والنشر والتوزيع، دمشق - بيروت، الطبعة: الأولى، 1428 هـ - 2007 م. مرقاة المفاتيح شرح مشكاة المصابيح، المؤلف: علي بن (سلطان) محمد، أبو الحسن نور الدين الملا الهروي القاري، الناشر: دار الفكر، بيروت - لبنان الطبعة: الأولى، 1422هـ - 2002م.

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L'histoire du décès de Zubayr ibn Al-'Awwâm (qu'Allah l'agrée) et le remboursement de ses dettes.

عن أبي خبيب -بضم الخاء المعجمة- عبد الله بن الزبير رضي الله عنهما ، قال: لما وقف الزبير يوم الجمل دعاني فقمت إلى جنبه، فقال: يا بني، إِنَّهُ لاَ يُقْتَلُ اليوم إلا ظالم أو مظلوم، وإني لا أُرَانِى إلا سأقتل اليوم مظلوما، وإن من أكبر همي لديني، أفترى دَيْنَنَا يُبقي من مَالِنا شيئا؟ ثم قال: يا بني، بِعْ مَا لَنا واقض ديني، وأوصى بالثلث وثلثه لبنيه، يعني لبني عبد الله بن الزبير ثلث الثلث. قال: فإن فَضَلَ من مَالِنَا بعد قضاء الدين شيء فثلثه لبنيك. قال هشام: وكان بعض ولد عبد الله قد وَازَى بعض بني الزبير خُبَيْبٌ وعَبَّادٌ، وله يومئذ تسعة بنين وتسع بنات. قال عبد الله: فجعل يوصيني بدينه ويقول: يا بني، إن عجزت عن شيء منه فاستعن عليه بمولاي. قال: فوالله ما دريت ما أراد حتى قلت: يا أبت من مولاك؟ قال: الله. قال: فوالله ما وقعت في كربة من دينه إلا قلت: يا مولى الزبير اقض عنه دينه فيقضيه. قال: فقتل الزبير ولم يَدَع دينارا ولا درهما إلا أَرَضِينَ ، منها الغابة وإحدى عشرة دارا بالمدينة، ودارين بالبصرة، ودارا بالكوفة، ودارا بمصر. قال: وإنما كان دينه الذي كان عليه أن الرجل كان يأتيه بالمال، فيستودعه إياه، فيقول الزبير: لا، ولكن هو سلف إني أخشى عليه الضَّيْعَةَ ،وما ولي إمارة قط ولا جباية ولا خراجا ولا شيئا إلا أن يكون في غزو مع رسول الله صلى الله عليه وسلم أو مع أبي بكر وعمر وعثمان رضي الله عنهم قال عبد الله: فحسبت ما كان عليه من الدين فوجدته ألفي ألف ومئتي ألف! فلقي حكيم بن حزام عبد الله بن الزبير، فقال: يا ابن أخي، كم على أخي من الدين؟ فكتمته وقلت: مائة ألف. فقال حكيم: والله ما أرى أموالكم تسع هذه. فقال عبد الله: أرأيتك إن كانت ألفي ألف ومئتي ألف؟ قال: ما أراكم تطيقون هذا، فإن عجزتم عن شيء منه فاستعينوا بي، قال: وكان الزبير قد اشترى الغابة بسبعين ومئة ألف، فباعها عبد الله بألف ألف وستمئة ألف، ثم قام فقال: من كان له على الزبير شيء فليوافنا بالغابة، فأتاه عبد الله بن جعفر، وكان له على الزبير أربعمئة ألف، فقال لعبد الله: إن شئتم تركتها لكم؟ قال عبد الله: لا، قال: فإن شئتم جعلتموها فيما تؤخرون إن إخرتم، فقال عبد الله: لا، قال: فاقطعوا لي قطعة، قال عبد الله: لك من هاهنا إلى هاهنا. فباع عبد الله منها فقضى عنه دينه وأوفاه، وبقي منها أربعة أسهم ونصف، فقدم على معاوية وعنده عمرو بن عثمان، والمنذر بن الزبير، وابن زَمْعَةَ ، فقال له معاوية: كم قُوِّمَتِ الغابة؟ قال: كل سهم بمئة ألف، قال: كم بقي منها؟ قال: أربعة أسهم ونصف، فقال المنذر بن الزبير: قد أخذت منها سهما بمئة ألف، قال عمرو بن عثمان: قد أخذت منها سهما بمئة ألف. وقال ابن زمعة: قد أخذت سهما بمئة ألف، فقال معاوية: كم بقي منها؟ قال: سهم ونصف سهم، قال: قد أخذته بخمسين ومئة ألف. قال: وباع عبد الله بن جعفر نصيبه من معاوية بستمئة ألف، فلما فرغ ابن الزبير من قضاء دينه، قال بنو الزبير: اقسم بيننا ميراثنا، قال: والله لا أقسم بينكم حتى أنادي بالموسم أربع سنين: ألا من كان له على الزبير دين فليأتنا فلنقضه. فجعل كل سنة ينادي في الموسم، فلما مضى أربع سنين قسم بينهم ودفع الثلث. وكان للزبير أربع نسوة، فأصاب كل امرأة ألف ألف ومئتا ألف، فجميع ماله خمسون ألف ألف ومئتا ألف.
Abû Khubayb ‘Abdullah ibn Az-Zubayr relate : « Peu avant la bataille du chameau, Az-Zubayr m’appela. Je me rendis auprès de lui et il me dit : " Mon fils ! Quiconque est tué aujourd’hui sera soit injuste, soit victime d’une injustice. Et je me vois déjà mourir aujourd’hui, victime de leur injustice. Mon plus grand souci concerne mes dettes. Crois-tu qu’il nous restera quelques biens après le paiement de nos dettes ? " Puis, il ajouta : " Mon fils ! Vends nos biens et paie ma dette. " Ensuite, Az-Zubayr ordonna que le tiers de son héritage soit légué, un tiers de ce legs devant revenir aux fils de ‘Abdullah ibn Az-Zubayr. Il a dit : " S’il reste quelque chose de nos biens après le paiement de nos dettes, un tiers [du legs] sera partagé entre tes fils. " (Hichâm, [l’un des narrateurs] ajouta : " Quelques-uns des fils de ‘Abdullah - comme Khubayb et ‘Abbâd - avaient le même âge que les fils d’Az-Zubayr. ‘Abdullah avait à cette époque neuf fils et neuf filles. "). ‘Abdullah poursuivit : " Il ne cessa de me faire des recommandations au sujet de ses dettes en disant : ' Mon fils ! Si tu éprouves une quelconque difficulté à rembourser mes dettes, demande l’aide de mon Maître. ' Par Allah, je ne comprenais pas ce qu’il signifiait par-là, alors je lui demandai : Père ! Qui est ton Maître ? - Allah ! répondit-il. Par Allah ! Chaque fois que j’avais un souci au sujet d’une dette, j’implorais Allah en disant : Ô Maître d’Az-Zubayr ! Honore sa dette à sa place ! et Il l’honorait. " ‘Abdullah ajouta : " En effet, Az-Zubayr mourut [lors de la bataille]. Il ne laissa pas d’argent, mais deux terres, dont « Al-Ghâbah » [une terre immense près de Médine], onze maisons à Médine, deux à Baṣorah, une à Koufah et une autre en Egypte. Il s’était endetté car, lorsqu’un homme venait lui confier son argent, Az-Zubayr lui disait : ' D’accord, mais à condition que cela soit un prêt [et non un simple dépôt] car je crains de le perdre. ' A aucun moment l’administration d’une province ne lui fut confiée ou la collecte des impôts mais [ses richesses provenaient du butin qu’il recevait] de ses expéditions militaires avec le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut), Abû Bakr, ‘Umar ou ‘Uthmân (qu’Allah les agrées)." ‘Abdullah poursuivit : " J’ai compté ses dettes : elles s’élevaient à deux millions deux cent mille ! " Puis, Ḥakîm ibn Ḥizâm rencontra ‘Abdullah ibn Az-Zubayr et lui demanda : " Mon neveu ! A combien s’élève la dette de mon frère ? " J’en cachai le vrai montant et lui dit : " Cent mille ! - Ḥakîm dit : Par Allah ! Je ne pense pas que vos biens suffisent pour les couvrir. - Je lui répondis : Que dirais-tu si la dette s’élevait à deux millions deux cent mille ? - Il répondit : Je ne pense pas que vous soyez capables d’honorer ses dettes. Si vous en êtes incapables, demandez-moi de vous aider ! " Az-Zubayr (qu’Allah l’agrée) avait acheté « Al-Ghâbah » pour cent soixante-dix mille. ‘Abdullah la vendit pour un million six cent mille. Ensuite, il interpella les gens : " Que celui à qui Az-Zubayr (qu’Allah l’agrée) devait de l’argent accepte [une partie de] « Al-Ghâbah » en remboursement ! " ‘Abdullah ibn Ja’far (qu’Allah l’agrée), à qui Az-Zubayr devait quatre cent mille, vint et lui dit : " Si vous le voulez, j’annule cette dette. - Non, répondit ‘Abdullah (qu’Allah l’agrée). - Si vous le voulez, vous pouvez en ajourner le remboursement, insista ‘Abdullah ibn Ja’far. - Non, persista ‘Abdullah. - Dans ce cas, donnez-moi une parcelle de cette terre ! conclut ‘Abdullah ibn Ja’far. " ‘Abdullah lui en attribua une partie. Il vendit d’autres parcelles, remboursant ainsi les dettes de son père. Il en resta quatre parts et demie. Ensuite, il se rendit chez Mu’âwiyah où se trouvaient ‘Amr ibn ‘Uthmân, Al-Mundhir ibn Az-Zubayr et ibn Zam’ah (qu’Allah les agrées). Mu’âwiyah (qu’Allah l’agrée) l’interrogea : " A combien s’est vendue « Al-Ghâbah » ? - Cent mille chaque parcelle, répondit-il. - Combien reste-t-il de parcelles ? Demanda Mu’âwiyah. - Quatre parts et demie, répondit-il. - J’achète une part pour cent mille, dit Al-Mundhir ibn Az-Zubayr. - J’achète moi aussi une part pour cent mille, déclara ‘Amr ibn ‘Uthmân. - J’achète également une part pour cent mille, affirma ibn Zam’ah. - Combien en reste-t-il maintenant ? Demanda Mu’âwiyah. - Une part et demie, répondit ‘Abdullah. - Je la prends pour cent cinquante mille ! dit Mu’âwiyah. " Plus tard, ‘Abdullah ibn Ja’far vendit sa part à Mu’âwiyah pour six cent mille. Lorsque ’Abdullah ibn Az-Zubayr (qu’Allah l’agrée) eut remboursé toutes ses dettes, les fils d’Az-Zubayr (qu’Allah l’agrée) demandèrent leur part de l’héritage. Il leur répondit : " Par Allah ! Je ne le ferai qu’après avoir interpellé les gens, au cours de quatre Pèlerinages consécutifs, en ces termes : ' Ecoutez bien ! Que celui à qui Az-Zubayr doit quelque chose vienne pour que nous le remboursions. ' Et effectivement, il le fit durant quatre Pèlerinages, puis il répartit l’héritage entre les héritiers d’Az-Zubayr (qu’Allah l’agrée) après en avoir légué le tiers. Az-Zubayr (qu’Allah l’agrée) avait quatre femmes. Chacune d’elles reçut un million deux cent mille. L’ensemble des biens d’Az-Zubayr s’élevait donc à cinquante millions deux cent mille.
Rapporté par Al-BûkhârîDegréAuthentique
Explication

Le jour de la bataille du chameau qui eut lieu à cause de la non remise des assassins de ‘Uthmân (qu’Allah l’agrée), Az-Zubayr ibn Al-‘Awwâm a dit à son fils ‘Abdallah (qu’Allah les agrée) : « Je me vois déjà mourir aujourd’hui, victime de leur injustice. Mon plus grand souci concerne mes dettes, alors acquitte-les pour moi ! » Bien que ses dettes atteignent tous ses biens, il légua le tiers de ses biens à ses petits-fils car il savait qu’ils n'auraient droit à aucune part de l’héritage vu que son fils était vivant. Alors, il leur légua le tiers du tiers de son testament, c’est-à-dire : un neuvième. Chaque fois que les gens venaient lui confier leurs biens, il refusait de les prendre en tant que dépôt car il craignait de les perdre, il leur disait alors : « D’accord, mais à condition que cela soit un prêt [et non un simple dépôt] car je crains de le perdre. » C’était un homme qui délaissait ce qui le distrayait de la vie de l’au-delà et il était honnête. Il n’a jamais accepté un poste de commandement, ou autre. Lorsqu’il décéda, son fils s’acquitta de ses dettes et, comme il resta encore des biens, ses héritiers en demandèrent le partage. [Son fils] refusa tant qu'il n'aurait pas demandé lors du Pèlerinage s’il restait encore des créanciers de Az-Zubayr (qu’Allah l’agrée) afin qu’il règle leurs dettes. C’est ce qu’il fit, et lorsqu’il n’y eut plus aucune dette à régler, alors il versa le huitième aux épouses d’Az-Zubayr (qu’Allah l’agrée), conformément à leur part d’héritage, et à cette époque, il avait quatre femmes.

Référence

الجامع المسند الصحيح (صحيح البخاري), تأليف: محمد بن إسماعيل البخاري, تحقيق: محمد زهير بن ناصر الناصر, دار طوق النجاة ترقيم محمد فؤاد عبدالباقي, ط 1422 بهجة الناظرين شرح رياض الصالحين, تأليف: سليم بن عيد الهلالي, دار ابن الجوزي. نزهة المتقين شرح رياض الصالحين, تأليف: مصطفى الخن ومصطفى البغا ومحي الدين مستو وعلي الشربجي ومحمد لطفي, مؤسسة الرسالة, ط 14 عام 1407 - 1987 دليل الفالحين لطرق رياض الصالحين, تأليف: محمد علي بن محمد البكري الصديقي, عناية: خليل مأمون شيحا, الناشر: دار المعرفة, ط 4 عام 1425 فيض الباري على صحيح البخاري, تأليف: أمالي محمد أنور شاه الكشميري الهندي, تحقيق: محمد بدر عالم الميرتهي, الناشر: دار الكتب العلمية, ط1 عام 1426 تيسير العزيز الحميد في شرح كتاب التوحيد, تأليف: سليمان بن عبدالله آل الشيخ, تحقيق: زهير شاويش, التاشر: المكتب الإسلامي, ط1 عام 1323 تعليق البغا على صحيح البخاري، دار ابن كثير ، اليمامة – بيروت، تحقيق : د. مصطفى ديب البغا، الطبعة الثالثة ، 1407 – 1987.

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